op het rekje met info, afdeling keel∙neus∙oor (Klina, Brasschaat)
".. Le père est non seulement castré, mais précisément castré ou point de n'être qu'un numéro. Ceci
s'indique tout à fait clairement dans les dynasties. Je parlais tout à l'heure d'un roi, je ne savais plus
comment l'appeler, George III ou George IV. C'est justement ce qui me paraît le plus typique dans
la présentation de la paternité. En réalité, c'est comme ça que ça se passe — George I, George II,
George III, George IV. Mais enfin, ça n'épuise pas la question, parce qu'il n'y a pas seulement le
numéro, il y a un nombre. Pour tout dire, j'y vois le point d'aperception de la série des nombres
naturels, comme on s'exprime. On ne s'exprime pas si mal, car après tout c'est très proche de la
nature. Puisqu'on évoque toujours à l'horizon l'histoire, ce qui est une raison de suspicion extrême,
je voudrais vous faire simplement remarquer que le matriarcat, comme on s'exprime, n'a aucun
besoin d'être repoussé à la limite de l'histoire. Le matriarcat consiste essentiellement en ceci, c'est
que, pour ce qui est de la mère, comme production il n'y a pas de doute. On peut à l'occasion perdre
sa mère dans le métro, bien sûr, mais enfin, il n'y a pas de doute sur qui est la mère. Il n'y a également
aucun doute sur qui est la mère de la mère. Et ainsi de suite. La mère, dans sa lignée, dirai-je, est in-
nombrable. Elle est innombrable dans tous les sens propre du terme, elle n'est pas à numérer, parce
qu'il n'y a de point de départ. La lignée maternelle a beau être nécessairement en ordre, on ne peut
la faire partir de nulle part .."
(Jacques Lacan, Sém. XVIII, D'un discours qui ne serait pas du semblant, 2006 [1971], 174)
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26-03-2013
perdre la mère / dans le métro
23-03-2013
personne ne suit la ligne droite
© Tracey Emin
".. L'architecture japonaise, ça consiste essentiellement en un battement d'une aile d'oiseau.
Ça m'a aidé à comprendre de voir tout de suite que le plus court chemin d'un point à un
autre ne serait jamais montré à personne, s'il n'y avait pas le nuage qui prend carrément
l'aspect d'une route. Jamais personne au monde ne suit la ligne droite, ni l'homme, ni l'amibe,
ni la mouche, ni la branche, ni rien du tout. Aux dernières nouvelles, on sait que le trait de
lumière non plus ne la suit pas, tout à fait solidaire de la courbe universelle. La droite, là-
dedans, ça inscrit tout de même quelque chose. Ça inscrit la distance, mais la distance, selon
la loi de Newton, ça n'est absolument rien qu'un facteur effectif d'une dynamique que nous
appellerons de cascade, celle qui fait que tout ce qui choit suit une parabole. Donc, il n'y a
de droite que d'écriture, d'arpentage que du ciel. Mais l'un et l'autre, en tant que tels pour
soutenir la droite, ce sont artefacts à n'habiter que le langage. Il ne faudrait quand même
pas l'oublier, notre science n'est opérante que du ruissellement de petites lettres et de
graphiques combinés .."
(Jacques Lacan, Sém. XVIII, D'un discours qui ne serait pas du semblant, 2006 [1971], 123)
16-03-2013
ce qu'on a dans la tête
".. On n'y comprend rien, qu'ils m'ont dit. Remarquez que c'est beaucoup. Quelque chose
auquel on ne comprend rien, c'est tout l'espoir, c'est le signe qu'on en est affecté.
Heureusement qu'on n'a rien compris, parce qu'on ne peut jamais comprendre
que ce qu'on a déjà dans la tête .."
(Jacques Lacan, Sém. XVIII, D'un discours qui ne serait pas du semblant, 2006 [1971], 105)
14-03-2013
la vérité de l'homme
© Francis Bacon
".. Mais que la femme soit la vérité de l'homme, cette vieille histoire proverbiale quand il s'agit de
comprendre quelque chose, le 'cherchez la femme', à quoi on donne naturellement une interprétation
policière, pourrait bien être quelque chose de tout autre, à savoir que, pour avoir la vérité d'un homme,
on ferait bien de savoir quelle est sa femme. J'entends, son épouse à l'occasion, et pourquoi pas? C'est
le seul endroit où ait un sens ce que quelqu'un un jour dans mon entourage a appelé le pèse-personne.
Pour peser une personne, rien de tel que de peser sa femme.
Quand il s'agit d'une femme, ce n'est pas la même chose, parce que la femme a une très grande liberté
à l'endroit du semblant. Elle arrivera à donner du poids même à un homme qui n'en a aucun .."
(Jacques Lacan, Le séminaire livre XVIII, D'un discours qui ne serait pas du semblant, 2006 [1971], 35)
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