© Mr Finch Textile
1
[tandis que des dindes se tuent ou jouissent et ne craignent]
un pré
l'étendue
pas de pré-
adamites, ni de sang de reptiles,
ni de pas [pré-
visibles]
pas d'eau, pas d'
audace,
ni de Pan,
ni de dos
pas de blé,
ni de fil ou de ligne
de fer barbelé,
pas de fins
c'est ce pré, qui est pré-,
préalable —
un pré (comme le ciel dépeuplé)
deserté, une préface:
tous
ces mètres
tangibles, ces mètres charnels
dans la tête
2
[des données — retenir ne vaut pas]
[donc] un pré,
quelques voies en havane
dans une brume (de brimade),
soleil —
des données
comme cet ombre de brume,
comme la brume londonienne qui privait [1]
mais plaisait à Monet [2],
est barbare, soit fragile!
en effet
une trouée de lumière [3], de l'affect
dans le brou de brouillard —
un effet qui concerne l'effort
qu'on ne fait
sur soi-même
quand les nappes de brimade, de brume
de brimade, s'étirent dans le sang,
quand le sens, faute d'affiches (de Toulouse-
Lautrec, par exemple), d'avis, n'est pas clair —
des données
pas à cause de la cause
mais à cause de leurs cris
qui échappent à l'alcôve
de l'ouïe — comme Le Skrik [orangé]
de La Frise de Munch, sa fumée
[1] de soleil
[2] et sa femme
[3] pâlichonne
3
[poste]
[mais]
où est la poste,
le courrier de la reine,
le relais de chevaux
qui c-
ollé de distance en distance
fournirait
de biscuits,
de carottes d'entretien,
de baiser de nourrice
(un baiser
sans moustache
normative)
où sont-ils?
4
[faire passer]
le pré préalable
ne change de voix, est la carte
de la teinte demandée, la moiré
voilà, le mot-clé que je méta-
morphose en champ
du changeable, vois là —
différence,
quand le pré deviendra un pré∙champ
de la langue, le champ deviendra
une chambrette
et tandis que le pré ne chambrait
la muette (soit la mort de Médée)
ou tandis que le lièvre se lève,
s'en va, pour mourir à ce gîte (ce guidon),
le gibbon ne construit que des nids
en sautant
de vieille branche en vieille branche
de vieille branche en branchette
de branchette en branchette
sur la branche
pour poursuivre
de près
5
[après le défi au bon sens]
— tiens,
peut-on dire [exclamer],
qu'est-ce qu'on veut?
qu'on visite la visée
comme un lieu,
qui donne lieu
à une voix,
qui tient lieu
de la voie dépeuplée?
qu'on parcoure
l'historiette, mal armé?
que le pré c.-à-d. que le champ
ne soit pris dans sa totalité
de connard?
ohne notwendig zu denken: non-sens
6
[je dirais que]
tandis que des dindes [plumées] ne jouissent ou se tuent parce qu'elles craignent,
un champ
ou un sens
dont le sens n'est pas clair —
un éclair
dans l'alcôve de l'ouïe,
je dirais
Posts tonen met het label ce qui. Alle posts tonen
Posts tonen met het label ce qui. Alle posts tonen
08-09-2014
ce qui poste [de bril dood, ogen schraal]
05-09-2014
ce qui montre [le lis d'amaryl]
© Tahnee Lonsdale
1
[le lis d'amaryl]
ce qui reste
de ce qui
m'échappait
est un lis
d'amaryl
(masculin)
soit une fleur
éclatante
(imposture)
2
[n'a cessé d'être vu]
que l'état de désordre
n'est pas maquillé
éclaircit
qu'on saisit sa portée
par l'égal de l'affaire,
soit la chair ébranlée
3
[un état sans progrès]
mais
donc
où
est la roue de brouette?
4
[l'épopée]
quoi qu'ils soient
tous ces mimes
à l'image de l'angle,
ces droits ralentis,
ces demandes [instantes]
qui verbales ou écrites
ne s'inscrivent sur l'ambre
du front, ces fleurettes
qui ne fleurent ni nourrissent —
parce qu'elles rivent
ils sont le profil et le pli de l'envoie
ils ne voient cependant
que je mens —
je camoufle le masque
par une paire de lunettes
(qui remplace les pincettes
et la paire de ciseaux)
5
[le trompe-l'oeil]
c'est le lis
d'amaryl,
ce narcisse
(masculin)
qui a
trop agrandi
pour tromper
les trompeurs,
les fouets
qui ne fleurent,
qui ne nient
le tire-jus,
le mouchoir
de la mère
(of de zakdoek
van moeder,
de mijne)
6
[le mot presque juste]
je ne sais
où ça mène
mais je suis
[la brouette]
et que rien
ne m'importe
davantage —
demain
03-09-2014
ce qui dit [qu'il n'y a] — intermède
© Doug Fishbone, 30.000 bananas, London, Trafalgar Square, 2005
un tas de bananes et un puits cellulaire
ont cherché l'arbitrage d'un tiers, la tirade
d'un dieu — ta ta ta exprimait le dédain
de ce tiers, son déni de nier le dégât
en matière, la matière purulente
entassées les bananes et le puits cellulaire
ont cherché un concept de moi∙tié, moi∙tié
tas moi∙tié puits, mais un tas est Tartuffe
et un puits les ulcères de la fin de l'été
c'est à dire qu'on n'oublie que l'essence
le régime cellulaire de ce puits et l'amas [de bananes]
ont cherché l'aventure dont l'issue est certaine
parce que si, c'est le puits que l'amas va bourrer
car le puits engouffrait les bananes
et le dieu [de Tartuffe] et le tiers
01-09-2014
ce qui prend
© Gustavo Ortiz
— paysage au loin
mais de loin le plus proche,
l'étendue dans laquelle le mot-clé [le motus]
de mon ciel de cristal dépeuplé
ne peut rien renverser, et la boîte à outils
n'est que vide
le va ne s'inscrit, est réduit en pou∙poudre
[ce timbre est très endormant]
en revanche j'entrerais en action: trop de liens
du sang blanc se concentrent
dans l'ombre des seuils de la vie quotidienne,
ne connectent, nécessitent des cartouches, mais
ce moule se vent mal, je prendrais des cartoons
de la mort du mollusque dépourvu de visage,
des bribes du seuil, le plus vieux,
dans sa réalité de regard, de mépris
par méprise, de voie de la voix —
pas de chance que je puisse m'éveiller
(ta colonne vertébrale y regarde
de près, presque prête pour l'action,
mais elle tord et ne prend que la forme d'une marque
de question, elle détonne, décomplète
la série qui assure le mot tu — je l'ajoute
à la boîte à outils, côté femme)
31-08-2014
ce qui fuit
Lucebert
en voyant
je ne vois
(à travers la fenêtre
qui naît comme miroir)
que l'ensemble: une poule poursuivie
par une bête qui n'existe
comme semblant —
elle est signe
et rouge et pas de bon poil: elle poursuit
l'appendice de cette poule acéphale
qui ne court pour sauver ce qu'elle n'a,
elle est fille, pas femme, ni le coq
au vin blanc, la cocotte
ne se fait dévorer cette fois-ci
(mais la bête inconnue me dira
que le don que je tente d'obtenir
est le mot malfaçon,
que le moi, ce fuyard,
poursuivi par soi-même
n'est qu'un être sans tête
qui ne parle que, entre ses dents,
d'un néant bien nourri)
disparue, même avant qu'elle m'angoisse,
je l'oublie, cette poursuite,
en parlant de la neige —
que rien ne salisse
la fenêtre est nette,
mais il pleut
je me plie
30-08-2014
ce qui verse
© Antoni Tapies
un papier sur lequel est écrit: le soleil
et ledit février — je suis faible pourtant,
habillée comme un m'être
qui, sous la casquette de l'hiver, se versait,
verserait dans l'erreur: le sang blanc
qu'est-ce qu'on jette, même à bas?
le soleil de ce m'être? les mots qui mimaient?
ou le masque? la casquette?
qu'est-ce qu'on garde? les dettes?
le semblant de cette chatte
févrière? les vers qui n'abîment? n'abîmaient?
(les pigments de mes yeux
sont, quand même, quantité négligeable,
je parle, je peux les garder)
un papier sur lequel est écrit: février
est solide, malgré le soleil — tu
ne rêves, même tout éveillé,
de ces ancres de veille, tu viens tôt
tu es l'ombre [de l'arbre] de mai
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