11-03-2010

Soulier V (la valeur phallique du talon)





© André Perugia



"Les reproches qu'elle va faire à l'analyste, de l'embarras qu'il apporte par ses soins dans son existence, vont se matérialiser en ceci qu'elle ne peut pas s'acheter de souliers. L'analyste ne peut pas ne pas reconnaître ici la valeur phallique du soulier, et tout spécialement du talon (..) Remarquons à ce propos que le fétichisme, spécialement celui du soulier, n'est pratiquement pas observé chez la femme. D'où la portée de l'apparition de la signification phallique du soulier en ce point de l'analyse. Tâchons de le comprendre. Pour le comprendre, il n'est pas nécessaire d'aller bien loin, alors que l'analyste fait tout à ce moment-là pour suggérer au sujet qu'il s'agit là chez elle d'un désir de possession du phallus. En soi-même, ce n'est peut-être pas, ma foi, le pire qu'il puisse dire, si ce n'était que pour lui cela veut dire que le sujet a le désir d'être un homme. A quoi celle-ci ne cesse pas de s'opposer, protestant avec la dernière énergie, jusqu'à la fin, qu'elle n'a jamais eu le désir d'être un homme. En effet, ce n'est peut-être pas la même chose de désirer posséder le phallus et de désirer être un homme, puisque la théorie analytique elle-même suppose que les choses peuvent se résoudre d'une façon fort naturelle, et qui ne s'en aviserait ?"

(Jacques Lacan, Le séminaire V, Les formations de l'inconscient, 1957-58, 451)



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